Le quartier des femmes de la prison de Yazd intègre la mobilisation nationale.
Entrant dans sa centième semaine ininterrompue, l’initiative « Non aux exécutions du mardi » s’impose comme l’une des oppositions les plus tenaces et les plus répandues à la peine capitale en Iran. Cette semaine, les jeûnes prolongés des détenus ont continué dans 55 établissements pénitentiaires du pays, et le secteur féminin de la prison de Yazd a proclamé son adhésion officielle au mouvement.
Des événements commémoratifs à hauteur de cent ont été tenus dans 80 villes iraniennes pour célébrer ce cap. Au-delà d’un simple symbole numérique, ce jalon illustre la ténacité, la force et l’élargissement d’une lutte structurée contre l’un des moyens de terreur les plus féroces du régime : l’exécution.
La durée de cent semaines sans faille révèle comment la contestation des mises à mort est passée d’une réaction isolée à une exigence sociétale persistante et solidement ancrée.
L’escalade des sentences capitales et de leur application, surtout à l’encontre des opposants politiques et des protestataires, a érigé cette campagne en un appel collectif contre la suppression méthodique d’existences.
La convergence de parents en demande de vérité, d’étudiants, d’activistes et de couches variées de la population met en lumière que la protection de la vie et de l’honneur humain s’est imposée comme une priorité majeure pour les Iraniens.
Les porte-parole de la campagne ont révélé dans leur message pour la centième édition que le quartier des détenues de Yazd s’est rallié formellement à l’effort.
Ce texte met en exergue que ces cent semaines incarnent la détermination, le bravoure et la confiance en la valeur intrinsèque de l’être humain, précisant que les jeûnes répétés dans de nombreuses prisons ont prouvé qu’espérance et clameur pour l’équité peuvent perdurer même dans les lieux les plus oppressifs.
Il évoque aussi les souffrances du chemin, évoquant les veilles douloureuses rythmées par les pendaisons de camarades de détention. Il affirme que, face à l’intensification des persécutions, le mouvement persévérera sans trêve jusqu’à l’éradication totale de cette sanction barbare. Les auteurs soulignent que ces cent semaines valident le pouvoir d’une opposition lucide à fissurer le mutisme forcé et à approcher le rêve du réel.
Les parents de condamnés politiques à mort forment un socle essentiel de cette dynamique. Par leur engagement public constant, portraits à la main et témoignages des silences imposés aux victimes, ils propulsent et amplifient la cause.
En parallèle de cette étape symbolique, des jeunes et alliés ont déposé des gerbes fleuries dans des lieux publics de Doroud, accompagnées de mots condamnant les exécutions et rendant hommage aux martyrs comme Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani. Cela témoigne de l’implantation profonde de la campagne hors des geôles, au cœur de la société.
La centième édition de « Non aux exécutions du mardi » s’affirme désormais comme un étendard de cohésion, de défi et d’unité collective contre la doctrine des potences, fusionnant les initiatives des captifs, des proches et des citoyens pour hisser le refus de la peine de mort au rang de combat planétaire.
