Karim Khojasteh, un ingénieur de 64 ans et ancien prisonnier politique des années 1980, a été condamné à la peine capitale en Iran pour l’accusation de « rébellion » (baghi), simplement pour avoir affiché des banderoles de contestation sans aucun recours à la violence. Son avocat, Milad Panahi-Pour, dénonce un procès inique, marqué par une audience ultra-courte de quelques minutes où le juge s’est contenté de questionner l’accusé sur sa reconnaissance des faits, ignorant totalement les arguments de la défense.
Arrêté une première fois le 21 juillet 2024 pour « propagande contre le régime » suite à ces banderoles, ce père de deux enfants avait vu une caution de 100 millions de tomans fixée. Malgré la possibilité pour sa famille de la payer, sa détention a perduré. Le 20 août 2024, l’accusation a été alourdie en « atteinte à la sécurité nationale », avec une caution portée à 500 millions de tomans, sans libération.
Libéré sous caution le 30 novembre 2024, Khojasteh n’a commis aucune nouvelle infraction entre-temps. Pourtant, le 13 mars 2025, il a été de nouveau appréhendé sans mandat clair dans son atelier industriel et conduit à la prison de Lakan à Rasht, cette fois pour « baghi ». Aucune preuve d’acte armé ou violent n’a été produite ; les enquêteurs et le parquet se sont basés uniquement sur les premiers interrogatoires liés à la propagande.
Cette escalade d’une charge mineure vers la plus grave, punissable de mort, reste incompréhensible pour son avocat, sans enquête supplémentaire ni nouvel interrogatoire. Le verdict, prononcé par pendaison après une séance expéditive le 17 septembre 2025 et notifié le 6 décembre, heurte les standards d’un procès juste.
En prison, cet homme pacifique agit comme un père pour ses codétenus de divers horizons idéologiques, organisant une vie collective harmonieuse via une caisse commune, sans aucun passé violent.
L’affaire révèle des atteintes flagrantes aux droits humains : détention prolongée malgré caution possible, violant l’article 9 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques sur l’interdiction de la détention arbitraire ; et requalification abusive des charges avec audience bâclée, contredisant l’article 14 sur le droit à un procès équitable.
