Iran 2025 : Au moins 1 956 exécutions, un record effroyable doublant les chiffres de 2024

Un rapport récent sur les droits humains révèle que les autorités iraniennes ont procédé à au moins 1 956 exécutions en 2025, marquant une hausse de 97 % par rapport à 2024. Parmi ces cas, dix pendaisons ont eu lieu en public sous les yeux de témoins.

Ces données portent sur la période du 1er janvier au 20 décembre 2025. Au-delà des exécutions, au moins 168 sentences capitales ont été prononcées par le système judiciaire, et 56 autres ont reçu l’aval de la Cour suprême.

Le document souligne l’exécution de deux individus qui étaient mineurs lors des faits reprochés, considérés comme délinquants juvéniles. Selon des analyses, 40 % des suppliciés étaient accusés de meurtre, et 50 % pour des délits liés aux drogues.

Les provinces les plus touchées, dans l’ordre, sont Alborz avec 10,87 % des cas – où se trouvent deux prisons notoirement surpeuplées –, suivie de Khorasan Razavi (8,22 %), Ispahan (7,70 %), Fars (6,92 %) et Lorestan (4,89 %). Les établissements carcéraux les plus actifs en matière d’exécutions incluent Ghezel Hesar à Karaj, Dastgerd à Ispahan, Adelabad à Shiraz, Vakilabad à Mashhad et Dizelabad à Kermanshah.

Ce pic d’exécutions représente le plus élevé des onze dernières années : après une baisse entre 2015 et 2020, les chiffres ont grimpé dès 2021 pour culminer en 2025. Cette escalade alarmante accentue les craintes sur l’état des droits humains en Iran. Près de 95 % de ces mises à mort se sont déroulées en secret, sans couverture médiatique officielle, seuls 5 % ayant été divulgués localement.

La montée en flèche des condamnations capitales ces derniers mois a provoqué une indignation mondiale, accompagnée de protestations en Iran et à l’étranger. Le 18 décembre, l’Assemblée générale de l’ONU a approuvé sa résolution annuelle sur les droits humains en Iran par 78 voix favorables. Le 19 novembre, la Troisième Commission de l’ONU avait adopté un texte similaire par 79 voix, insistant particulièrement sur les exécutions, les droits des femmes, la répression des manifestants et les persécutions transfrontalières.

Maï Sato, Rapporteuse spéciale de l’ONU sur l’Iran, a averti le 30 octobre devant la Troisième Commission que les exécutions massives du régime frôlaient les crimes contre l’humanité.

Par ailleurs, les mouvements de contestation ont explosé : au moins 2 606 manifestations et grèves ont été recensées en 2025, incluant 2 174 rassemblements, 407 grèves et 25 actions professionnelles sectorielles. Parmi les rassemblements, 813 concernaient des ouvriers, majoritairement pour des arriérés de salaires, dont 40 ont été réprimés. HRANA note aussi 940 protestations professionnelles, avec cinq interdictions, motivées par les salaires impayés, la crise économique et la mauvaise gouvernance de l’État islamique.

Retraités, salariés et pensionnés multiplient ces dernières années les défilés dans les villes iraniennes pour dénoncer l’ignorance de leurs doléances, aggravant le mécontentement face à la dégradation des conditions de vie.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *