En Iran, le prisonnier politique Ehsan Rostami, âgé de 36 ans, encourt la peine capitale pour une accusation inventée de « baghi » (rébellion), présumée collusion avec une organisation qualifiée de terroriste par le régime iranien et liens supposés avec les Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK).
Le 10 décembre 2025, la cinquième chambre du parquet de la prison d’Evin a formellement porté cette charge contre lui. Immédiatement après l’audition, il a été conduit en cellule d’isolement.
Arrêté le 20 août 2025 lors de descentes simultanées à leurs domiciles de Téhéran, Ehsan Rostami et son cousin Ramin, 29 ans, ont enduré quatre mois d’interrogatoires accompagnés de tortures et de pressions intenses.
Le 2 octobre, les deux cousins ont lancé une grève de la faim pour dénoncer ces traitements inhumains, une action qui s’est prolongée 23 jours.
Sociologue diplômé de l’université Allameh Tabataba’i, Ehsan Rostami dirige une maison d’édition et une librairie, et s’impose comme une personnalité culturelle influente dans les domaines philosophique et sociopolitique. Son cousin Ramin est ingénieur électricien et éditeur indépendant.
Le 17 octobre, les autorités ont interpellé Jahangir Rostami, le père d’Ehsan, 63 ans, enseignant à la retraite, chez lui à Harsin. Brutalement passé à tabac, il a souffert de graves blessures à la tête et au visage. Deux jours plus tard, le visage tuméfié et ensanglanté, il a été exhibé devant son fils pour le forcer à des confessions.
Des associations de retraités à Kermanshah et Harsin ont fermement condamné son arrestation et les violences, réclamant sa libération lors d’une manifestation à Kermanshah. Il a été relâché sous caution provisoire le 16 décembre, après versement de 15 milliards de rials, soit environ 11 200 dollars.
Cette affaire s’inscrit dans une stratégie plus large des services de sécurité iraniens, qui multiplient les arrestations d’opposants et de militants sous le chef d’accusation de « baghi », passible de la peine de mort, pour terroriser la population, intimider la jeunesse et décourager tout soutien à l’opposition ou à la résistance politique.
