Au quatrième jour des manifestations nationales en Iran, le mercredi 31 décembre 2025, les protestations ont pris une ampleur nouvelle avec l’union entre les citoyens ordinaires et les étudiants. Cette dynamique a provoqué une répression accrue des forces de sécurité, qui ont envahi le dortoir des étudiantes à l’université Melli de Téhéran (Beheshti), procédant à de multiples interpellations de militantes.
Des témoins rapportent qu’à 23h15 ce soir-là, des agents en civil accompagnés de forces de l’ordre ont pénétré dans les lieux, emmenant au minimum trois étudiantes. Immédiatement après, une foule d’étudiants s’est massée devant le bâtiment, entonnant des cris comme « Mort au dictateur » et « Honte sur vous » pour dénoncer ces arrestations. L’opération a suivi une mobilisation spontanée des résidentes au sein même du dortoir.
Parallèlement, dans la foulée des rafles universitaires, Sarira Karimi, secrétaire du conseil de l’association étudiante à la faculté de droit et sciences politiques, ainsi que membre du conseil central de l’université de Téhéran, a été kidnappée par les agents du régime ce même mercredi.
À Ispahan, les forces de l’ordre ont ce jour-là chargé des femmes manifestantes installées pacifiquement sur la place Naqsh-e Jahan, les gazant au poivre. Cette violence contre les protestataires féminines à Ispahan, alliée aux détentions d’étudiantes dans les universités de Téhéran, au cœur d’une escalade des manifestations à travers le pays, révèle une fois de plus le rôle pivotal des femmes et des jeunes dans la révolte, ainsi que l’inquiétude des autorités face à leur alliance avec le mouvement populaire global.
Ce quatrième jour de contestation a vu les marchés se clore entièrement, des attroupements dans les rues, des appels directs contre la dictature, des heurts avec les forces répressives et des assauts sur des installations officielles, de Téhéran et Ispahan jusqu’à Kermanshah, Khouzestan, Lorestan et Hamedan.
