Après l’attaque menée par les forces de sécurité iraniennes contre l’hôpital Khomeini à Ilam, un nouvel assaut a visé l’hôpital Sina à Téhéran, illustrant la dangereuse extension de la répression jusque dans les établissements de santé.
Des témoignages font état de tirs de gaz lacrymogène dans des espaces clos, notamment à la station de métro 15 Khordad à Téhéran ainsi que dans le passage Iranien, près du bazar de Choush. Ces pratiques mettent directement en danger la vie de civils pris au piège dans des lieux fermés.
Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre que, le 6 janvier, des forces de sécurité ont bouclé l’entrée de l’hôpital Sina, situé dans le quartier Hassan Abad de la capitale, alors que des coups de feu résonnaient aux alentours. Des témoins affirment que du gaz lacrymogène a été tiré à l’intérieur même du complexe hospitalier, exposant patients, visiteurs et personnel médical.
Autour de l’hôpital, des manifestants ont été filmés fuyant dans les ruelles, scandant « Mort au dictateur ! » et « Honteux ! Honte à vous ! », slogans devenus emblématiques de la contestation contre les autorités.
Deux jours plus tôt, le dimanche 4 janvier au soir, des forces de sécurité avaient déjà fait irruption dans la cour de l’hôpital Khomeini à Ilam, en ouvrant le feu à balles réelles et en utilisant des gaz lacrymogènes. Les forces répressives ont défoncé les portes, pénétré dans les services, et frappé les personnes présentes à coups de matraque et à l’aide de leur équipement militaire.
Des séquences vidéo montrent des confrontations violentes entre infirmières, citoyens et forces de sécurité devant l’hôpital, où le personnel médical tentait de protéger les blessés.
Selon les informations recueillies, plusieurs personnes blessées ou tuées lors des manifestations à Malekshahi, dans la province d’Ilam, avaient été transférées dans cet hôpital. L’assaut a donc visé un lieu où se trouvaient des manifestants gravement touchés, venus chercher des soins ou un refuge.
L’attaque de l’établissement d’Ilam a suscité une vague d’indignation. Le 6 janvier, Amnesty International a condamné cette opération, estimant que le fait de prendre pour cible un hôpital – abritant des manifestants blessés en quête de traitement médical ou de protection – constitue une violation du droit international.
Quelques heures plus tôt, le département d’État des États-Unis avait lui aussi dénoncé l’attaque brutale contre l’hôpital de Malekshahi, dans la province d’Ilam, la qualifiant de « crime ». Il a souligné que l’irruption dans des services hospitaliers, les violences contre le personnel soignant et l’usage de gaz lacrymogène ainsi que de munitions réelles contre des blessés relèvent de crimes contre l’humanité.
Depuis le début des manifestations à l’échelle nationale, les forces de sécurité ont dispersé des rassemblements pacifiques, procédé à l’arrestation de centaines de personnes, blessé de nombreux citoyens et en ont tué plusieurs. Des rapports signalent l’usage de balles réelles contre les manifestants dans plusieurs villes, notamment à Malekshahi, dans la province d’Ilam.
Les mobilisations des 2 et 3 janvier dans ce comté ont été réprimées avec une violence particulière par les forces de sécurité, qui ont eu recours massivement à la force pour étouffer la contestation.
Une base de données en ligne dédiée au recensement des cas de répression, Iran Pedia, a jusqu’à présent pu établir l’identité de 31 personnes tuées lors de ces récentes manifestations, chiffre qui pourrait être supérieur en l’absence de données complètes.
En dépit de cette répression généralisée, les habitants de Malekshahi sont de nouveau descendus dans la rue le 6 janvier, affrontant une fois encore les forces de l’ordre et démontrant la persistance de la contestation face aux violations répétées des droits fondamentaux.
