Le soulèvement populaire en Iran atteint son 20e jour ce vendredi 16 janvier 2026. Les protestations, les heurts nocturnes en guérilla urbaine et les formes de résistance continuent de se multiplier dans tout le pays, en dépit d’un état d’urgence de facto, d’arrestations en masse et d’une coupure persistante d’Internet.
Des rapports émanant de l’intérieur du pays font état de confrontations diurnes et nocturnes qui se sont prolongées du lundi au jeudi (13-15 janvier). Les sévères restrictions internet imposées par les autorités expliquent le délai dans la diffusion de ces nouvelles, soulignant les tentatives du régime pour minimiser l’ampleur de la révolte.
Les groupes de résistants et la jeunesse défient les forces de l’ordre à travers le territoire
Mercredi et jeudi soirs, des jeunes à Téhéran ont investi les quartiers de Pirouzi et Téhéranpars, lançant des slogans anti-régime et clashant avec les forces répressives. Mardi soir, dans le quartier de Qolhak, un entrepôt de munitions des Gardiens de la révolution et des Bassidj a été détruit par le feu lors d’une opération précise de résistance.
À Abdanan, province d’Ilam, les obsèques d’Alireza Seidi, adolescent abattu par les forces du régime, ont réuni des milliers de personnes converties en immense rassemblement. Les cris fusaient : « Mort à Khamenei », « Je vengerai mon frère assassiné », « Le pays ne sera libre qu’avec les mollahs sous terre » et « Cette année marque le sacrifice ; Seyed Ali tombera ».
Des accrochages entre protestataires et militaires ont éclaté dans des dizaines de villes, dont Téhéran, Machhad, Chiraz, Ispahan, Tabriz, Karaj, Kermanchah, Ahvaz, Arak, Izeh, Qom, Sanandadj, Ilam, Yazdanchahr (Ispahan), Islamabad-e Gharb (Kermanchah), Khoy, Rafsandjan, Chahr-e Babak (Kerman), Marvdacht (Fars), Gonbad-e Kavous, Langroud, Bandar Abbas et Dezfoul.
Au moins 50 000 arrestations depuis le déclenchement de la révolte
L’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK) a rapporté le 15 janvier 2026 que plus de 50 000 individus ont été interpellés depuis le 28 décembre 2025.
Ces estimations proviennent de 220 villes, basées sur des témoignages directs, des familles de prisonniers, des contacts locaux et des détenus. L’organisation insiste sur la nécessité d’une enquête internationale indépendante avec accès total aux prisons et centres de détention pour des chiffres définitifs.
Les autorités déploient des drones militaires sophistiqués pour repérer, poursuivre et capturer les manifestants, assimilant des civils désarmés à des ennemis armés. Les perquisitions domiciliaires et professionnelles se multiplient.
L’OMPI/MEK évoque aussi l’aveu du chef du pouvoir judiciaire, Gholam-Hossein Mohseni Ejei, en mai 2025, trois ans après la révolte de 2022 : 90 000 poursuites judiciaires, un schéma répressif amplifié aujourd’hui.
Témoignages internes : « La révolte ne faiblira pas »
Malgré les exécutions, les détentions massives et la censure, des voix d’Iran affirment un moral intact et une résistance inaltérée.
Un blessé par six plombs déclare : « Nous supporterons cent balles si nécessaire pour expulser les mollahs. Couper Internet et diffuser la peur via la TV d’État ne nous arrête pas. Le moral est révolutionnaire. Tout le monde prépare le coup décisif. Ignorez les rumeurs contraires. »
Un autre ajoute : « Le sang des martyrs nous unit. Oui, tués et arrêtés en nombre, mais des millions restent libres. Bientôt, vous verrez notre force. Soyez notre porte-voix, celle de notre détermination. Malgré les carnages, les rues ne se vident pas. La révolte monte et descend, mais persiste. »
De Chiraz : « Les massacres n’ont pas brisé l’espoir. Le peuple reste dans la rue jusqu’au dénouement. Alertez le monde : nous sommes là, tenaces. Les jeunes femmes dirigent, criant ‘Mort au dictateur’. Personne ne lâche prise. »
Les élites du régime fuient avec des fortunes alors que la crise s’intensifie
Face à l’extension de la résistance, la panique gagne les sommets du pouvoir.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a révélé le 14 janvier 2026 sur Newsmax que des officiels iraniens exfiltrent « des millions et dizaines de millions de dollars » à l’étranger.
Il a ajouté que le Trésor américain piste ces mouvements, via banques ou cryptomonnaies : « Les rats quittent le navire, envoyant ou smugglant ces sommes hors d’Iran. »
