Les rues noyées dans le sang lors du soulèvement populaire en Iran

Témoignages glaçants d’une répression brutale contre des civils désarmés pendant le soulèvement en Iran. « Les rues se sont changées en scènes de carnage. C’était une bataille inégale entre des habitants sans armes et des forces équipées de matériel militaire lourd. »

Ce récit, rapporté par des observateurs sur place, s’est répandu dans de nombreuses villes et villages iraniens. Les descriptions évoquent des fusillades directes sur les rassemblements, des exécutions de manifestants à terre, la disparition rapide des cadavres, et une atmosphère de peur qui a mué les espaces publics en zones de tuerie en quelques instants. Loin d’un simple contrôle des troubles, il s’agissait d’une offensive planifiée et déchaînée, brouillant les lignes entre répression et extermination collective.

Un mouvement étendu : de l’ampleur géographique à l’isolement numérique

À la date du 10 janvier 2026, la contestation avait gagné au moins 220 localités iraniennes. Des protestations ont surgi dans les grandes agglomérations comme Téhéran, Mashhad, Ispahan, Chiraz, Tabriz et Rasht, mais aussi dans des lieux plus modestes et restreints tels qu’Abdanan, Fardis près de Karaj, Lordegan et Malard.

Des heurts violents ont été signalés en province de Lorestan, notamment à Malekshahi et d’autres foyers de résistance, où les protestataires ont essuyé des tirs mortels et des pertes massives.

Face à cette extension, les autorités n’ont choisi ni le dialogue ni la désescalade. Elles ont massivement déployé des troupes, instaurant de facto un régime d’exception militaire. Simultanément, un black-out internet intentionnel a paralysé le pays. Les interruptions de réseau ont bloqué la diffusion d’images, de récits directs et de preuves autonomes des exactions, un verrou qui persiste et complique toute enquête.

Bilan humain et vagues d’arrestations : la dissimulation au service de l’impunité

La censure et la violence rendent ardu le comptage précis des victimes. Pourtant, des recueils de données locales, des évaluations onusiennes prudentes et des contrôles indépendants confirment au minimum plus de 3 000 décès. Ce total reste une sous-estimation, limitée aux cas solidement vérifiés.

Parmi les tués, des mineurs de moins de 18 ans, y compris un enfant de cinq ans abattu par balle. Ces cas prouvent une brutalité sans discernement, touchant manifestants, badauds et enfants indifféremment.

Parallèlement, des dizaines de milliers d’arrestations ont eu lieu, avec des chiffres grimpant jusqu’à 50 000. Nombre de captifs ont été arrêtés sans ordre judiciaire, séquestrés en secret et sans avocat. Ces pratiques multiplient les dangers de tortures, d’enlèvements et de jugements hâtifs. Le mur numérique creuse l’écart entre faits avérés et réalité des abus.

Armes lourdes et exécutions : une stratégie létale orchestrée

Images et déclarations de témoins montrent l’emploi par les forces de l’ordre et milices associées d’armement militaire, des fusils légers aux calibres lourds. Souvent, des tirs partaient de toits ou hauteurs, avec mitrailleuses comme les DShK, balayant les foules sans distinction.

Au sol, les comptes rendus insistent sur des coups de feu à bout portant, sans avertissement, et des éliminations ciblées. Les manifestants blessés immobilisés au sol ont été achevés à bout portant, témoignant d’une initiative manifeste d’exécutions extras judiciaires. L’ensemble dessine une opération concertée de massacres urbains, loin d’être des incidents sporadiques.

Disparition des corps, détentions secrètes et calvaire des familles

Outre les fusillades, des enlèvements de dépouilles et des retours différés ou conditionnels aux proches ont été rapportés. Dans diverses zones, les cadavres voyageaient en sacs anonymes, sans traces officielles. Des photos de la prison de Kahrizak, bien que virales, illustraient un phénomène national.

Les familles ont écumé morgues, geôles et services médicaux légaux pour retrouver les disparus. Souvent muselées ou interdites de funérailles publiques, elles subissaient un double choc de deuil et de menaces.

Emprisonnements sans base et confessions arrachées

Les rafles massives ont entraîné des détentions injustifiées et des cas de disparitions. Les prisonniers étaient isolés, leurs proches dans l’ignorance.

Tortures physiques et morales visaient à soutirer des aveux : coups, insomnies, intimidations familiales, isolements prolongés. Ces déclarations, sans protections légales, servaient ensuite à légitimer la répression publiquement.

Alerte de l’ONU : crimes contre l’humanité en vue et rôle des soignants

La Rapporteuse spéciale de l’ONU sur les droits humains en Iran, Mai Sato, appelle à une commission internationale fact-finding pour examiner si les exactions relèvent des crimes contre l’humanité : attaques systématiques ou étendues sur civils, via meurtres, tortures, détentions arbitraires, avec préméditation.

Elle pointe l’opacité due au black-out internet, compliquant les bilans, avec des estimations à plus de 5 000 morts et des chiffres potentiellement supérieurs. Elle salue les médecins iraniens, risquant gros pour relayer infos hospitalières via satellites, révélant l’ampleur des tueries.

Admissions officielles : aveu voilé de la boucherie

Des hauts dignitaires ont laissé transparaître l’étendue du carnage. Ali Khamenei a parlé de « plusieurs milliers » de morts. Mohammad Bagher Ghalibaf a taxé le soulèvement de « guerre terroriste », admettant aussi « des milliers » de tués. Gholamhossein Mohseni Ejei a promis « zéro clémence » aux arrêtés.

Ce discours range la dissidence pacifique au rang d’ennemi à abattre, révélant une pleine connaissance étatique de la répression sanglante.

« Le plus dur reste à venir » : épée de Damoclès des exécutions

Le chef judiciaire a déclaré que « l’essentiel commence maintenant », renouvelant les menaces de sévérité sans pitié. Cela présage des procès accélérés et peines capitales, transformant la violence de rue en pendaison institutionnalisée contre des captifs sans droits.

Au-delà du chaos : une terreur calculée pour survivre

Le soulèvement iranien n’a pas été géré comme une émeute, mais comme une menace existentielle via une extermination nationale sans précédent. Le pouvoir clérical a franchi le point de non retour, déversant la mort sur des civils pacifiques par choix stratégique.

Ancré dans la panique face à la crise économique, l’isolement politique et la perte d’influence, le régime a vu dans la révolte non une grogne passagère, mais un chemin vers sa chute. Sa riposte : annihilation physique, terreur légale, silence imposé.

Fusillades indiscriminées, enfants tués, corps escamotés, rafles aveugles, tortures pour aveux, menaces de potence : un continuum décidé en totale connaissance du tribut humain. Cette offensive ne cherchait pas l’ordre, mais la préservation du régime par un océan de sang dissuasif. Elle n’enterre pas la révolte ; elle accélère l’effondrement d’un ordre violent et l’essor d’une aspiration populaire à la liberté.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *