Iran : Trois jours d’horreur à Kahrizak, un blessé feint la mort parmi les cadavres

Au cœur des manifestations contre le régime en Iran, une famille a passé trois jours à fouiller hôpitaux, cimetières et centres de détention pour retrouver son jeune fils parti protester et disparu sans trace. Guidés par des images virales montrant des dizaines de corps entassés à Kahrizak, au sud de Téhéran, ils ont fini par s’y rendre, confrontés à une scène apocalyptique de sacs mortuaires alignés. Parmi ces dépouilles de manifestants abattus, ils ont découvert leur enfant vivant, grièvement touché par une balle. Pour survivre, le blessé, mineur d’âge, s’était fait passer pour mort trois jours entiers dans un sac plastique, privé d’eau et de nourriture, entendant les sonneries de téléphones des morts et supportant l’odeur putride de la décomposition, dans la peur d’être exécuté. Sa famille l’a extrait de cette tombe improvisée et l’a conduit d’urgence à l’hôpital. Ce témoignage glaçant met en lumière les atrocités de la répression : usage de balles réelles contre les civils, accumulation massive de corps à Kahrizak – où des témoins évoquent plus de 400 cadavres –, et calvaire imposé aux proches, abandonnés à leurs recherches dans un climat de terreur, de coupures internet et de black-out total des communications. Des milliers de morts sont rapportés lors de cette vague de soulèvements, la plus meurtrière depuis des décennies, avec des forces de sécurité tirant à vue sur des foules désarmées.

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