Iran : un soulèvement étouffé dans le sang, les droits des prisonniers piétinés de manière systématique

La répression des manifestations populaires en Iran s’alourdit, révélant des pratiques organisées de violations des droits humains contre les personnes interpellées durant le soulèvement national. Les détenus subissent une détention de masse sans égard aux standards minimaux, des isolements coupés de leurs proches et de tout soutien juridique, un refus d’inscription dans les registres officiels, et un déni d’assistance médicale pour les blessés.

Souvent, les prisons débordent, obligeant les captifs à s’allonger directement sur le béton, sans couvertures ni chauffage. Les autorités procèdent à des relocalisations hâtives et irrégulières pour accommoder les nouveaux arrivants, saturant complètement les installations.

Le non-enregistrement des identités des arrestés permet des exactions hors de tout cadre légal. Les données personnelles sont cachées des instances judiciaires pour entraver les recours, isoler les familles et occulter les lieux de garde à vue. Cela laisse les forces de l’ordre libres d’imposer des confessions sous la contrainte ou de recourir à des disparitions forcées.

Dans le quartier féminin d’Evin, tristement célèbre pour ses traitements inhumains sur les opposantes politiques, plus de 80 manifestantes ont été acheminées. Elles subissent des convocations quotidiennes aux interrogatoires, certaines disparaissant sans nouvelles sur leur sort ou leur localisation, plongeant leurs proches dans l’angoisse sans réponse des geôliers. La promiscuité force les détenues à alterner leurs repos au sol, sans accès à l’hygiène basique ni à leurs effets personnels malgré les demandes insistantes.

À Adelabad de Chiraz, le secteur politique des femmes accueille environ 150 arrestations récentes, majoritairement des collégiennes. Conçu pour 30 occupantes, il contraint à des transferts vers des zones abritant des condamnées pour homicides, vols ou trafics de stupéfiants.

À Qezel Hessar, l’unité de quarantaine n°2, isolée pour bloquer tout contact extérieur, retient des centaines de manifestants sans fiches nominatives ni droits processuels. Prévue pour 180 places, elle en compte près de 500, exposant les prisonniers au gel hivernal sans abris ni commodités. L’absence d’eau chaude, de chauffage, de soins ou d’hygiène met en péril leur survie. Les blessés des rafles n’obtiennent aucun traitement adéquat. Des unités anti-émeutes y veillent en permanence, instaurant une terreur constante.

La prison centrale de Karaj entasse 800 à 1200 personnes du soulèvement dans le hall 2, un hangar sportif et même la cour extérieure, les privant d’exercice et d’air libre.

De nombreux captifs arrivent mutilés par balles, plombs ou coups, mais les hôpitaux leur sont interdits. Seuls des pansements sommaires sont parfois accordés, risquant infections, infirmités ou décès. Deux adolescents sont morts à l’infirmerie de Chiraz d’hémorragies non soignées, le personnel contraint de ne pas intervenir.

La répression combine rafles massives – plus de 50 000 depuis fin décembre selon l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran, incluant des mineurs –, tortures pour arracher des aveux, et black-out des réseaux. Les familles, bloquées par les coupures internet, signalent partout refus de visites, déni médical, hacinage et avocats imposés. Ce tableau accablant de brimades planifiées dans les geôles iraniennes lors de la répression appelle une mobilisation immédiate des acteurs internationaux et des défenseurs des droits humains.

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