Après les soulèvements de janvier 2026, le régime iranien à adopter une stratégie de répression proactive et impitoyable, passant d’une réaction aux troubles à une anticipation violente des contestations futures. Les déclarations récentes des autorités judiciaires et sécuritaires montrent une volonté claire d’éliminer non seulement les acteurs des protestations passées, mais aussi tous les moyens de communication qui pourraient alimenter de nouvelles révoltes. En qualifiant l’usage d’internet satellite d’espionnage, en rendant toute expression publique extrêmement risquée pour décourager le soutien populaire, et en niant catégoriquement l’arrestation d’enfants, les autorités visent à plonger les prochaines répressions dans un blackout total, empêchant toute diffusion d’informations.
Ce décryptage révèle les mécanismes de cette ingénierie du silence et les bases légales d’une répression planifiée.
Isolement numérique : traquer la technologie pour étouffer les révoltes
Conscientes que la coordination et la visibilité sont au cœur des mouvements populaires, les autorités priorisent la déconnexion de la population du reste du monde, afin d’éviter que des preuves de brutalités ne s’échappent lors de futures manifestations. Ainsi, l’internet par satellite est présenté comme une arme d’espionnage militaire, justifiant sa répression sévère.
Un avocat a détaillé les sanctions pour usage personnel de Starlink : les usagers, transporteurs, vendeurs ou importateurs à titre privé risquent de six mois à deux ans de prison et la saisie de l’équipement. Ceux qui produisent, distribuent ou installent pour autrui encourent deux à cinq ans de détention. Et si ces actes visent à saper le régime ou à espionner, les peines peuvent aller jusqu’à la peine capitale ou cinq à dix ans d’emprisonnement.
Cette hostilité à la connectivité libre se reflète aussi dans la presse officielle, proche du leadership suprême, qui fustige toute idée d’assouplissement des contrôles numériques, les accusant de trahir la sécurité nationale au profit d’intérêts terroristes. Des critiques virulentes visent les officiels évoquant les coûts économiques des blackouts internet, exigeant des excuses aux familles des forces de l’ordre tuées plutôt qu’aux citoyens affectés, insistant que la sécurité prime sur l’économie.
Censure généralisée : intimider jusqu’aux figures publiques
Pour museler la société, le régime cible sans distinction les personnalités influentes, y compris celles de son entourage, afin de rendre toute solidarité avec les protestataires suicidaire et d’instaurer une peur paralysante. Le porte-parole judiciaire a averti que quiconque impliqué dans les troubles, directement ou indirectement, sera traqué et jugé.
Simulacre judiciaire : une exécution express
Sous couvert de célérité, les tribunaux se muent en instruments d’élimination rapide, exploitant le temps pour agir avant toute réaction internationale. Le chef du pouvoir judiciaire a exigé une priorisation des dossiers liés aux événements récents, avec des procès rapides et précis, sans délai ni hésitation pour les principaux accusés.
La mise en place de tribunaux spéciaux et l’intervention de juges mobiles sur les lieux des faits abolissent les protections légales classiques, préparant un abattage discret et légalement maquillé.
Déni international : isoler la répression de tout regard extérieur
Pour opérer sans entraves, cette machine répressive doit échapper à toute surveillance globale. Un haut responsable des droits humains a balayé une résolution de l’ONU comme une intrusion inacceptable dans les affaires internes.
Malgré des preuves de détentions massives de mineurs, il a nié toute arrestation de personnes âgées de moins de 18 ans, effaçant ainsi les victimes potentielles.
Ce refus de toute responsabilité, couplé au rejet des observateurs étrangers, libère le régime de toute contrainte éthique ou légale pour les opérations à venir.
Refus de clémence : tous complices
Aucune indulgence n’est envisageable dans cette doctrine. La presse officielle rejette toute idée d’amnistie pour les non-violents, les tenant pour complices essentiels des actes armés, ayant attisé la jeunesse par leur simple présence ou soutien passif.
Face à des tribunaux express, un déni systématique des victimes et un blocus informationnel, le régime abandonne toute façade légale. Chaque tentative de contournement des contrôles, chaque voix dissidente, est facturée en vies humaines, au nom d’une sécurité autoproclamée.
La communauté internationale doit cesser de légitimer ces acteurs par des gestes diplomatiques et exiger : le retrait des accréditations des responsables de massacres, l’arrêt des hommages officiels, la qualification du blackout comme crime contre l’humanité, et des visites indépendantes dans les centres de détention des mineurs. Il est urgent de transformer les discours en comptes à rendre, avant que le prochain soulèvement ne soit englouti dans l’ombre.
