Iran : Amnesty International alerte sur la menace d’exécution imminente pour 30 manifestants, dont des mineurs, victimes de procès iniques

Amnesty International tire la sonnette d’alarme : au moins 30 individus, incluant plusieurs mineurs, encourent la peine capitale suite aux vastes protestations de janvier 2026. L’organisation exige un moratoire immédiat sur les exécutions et l’annulation pure et simple de ces sentences.

Le 20 février 2026, Amnesty International a pressé les autorités iraniennes de geler sans délai l’exécution de huit condamnés à mort pour leur implication présumée dans ces troubles. Elle réclame par ailleurs l’abandon des poursuites contre 22 autres personnes soumises à des jugements hâtifs et profondément injustes.

Le 19 février, l’UNICEF a lancé un appel pressant pour la remise en liberté de tous les enfants incarcérés lors de ces événements, insistant sur l’interdiction absolue de toute forme de détention infantile. L’agence onusienne exprime son effroi devant ces pratiques persistantes et plaide pour un accès indépendant aux mineurs détenus, tout en rappelant à l’Iran ses engagements sous la Convention relative aux droits de l’enfant.

Au total, 30 personnes au minimum risquent la pendaison en rapport direct avec les manifestations de janvier 2026. Parmi les huit déjà condamnées en février, peu après leur interpellation, figurent Saleh Mohammadi (18 ans), Mohammadamin Biglari (19 ans), Ali Fahim, Abolfazl Salehi Siavoshani, Amirhossein Hatami, Shahin Vahedparast Kolour, Shahab Zahedi et Yaser Rajaeifar. Vingt-deux autres, dont deux adolescents de 17 ans, attendent encore leur procès ou y sont confrontés.

Amnesty International dénonce des confessions arrachées sous la torture, un déni d’accès à un avocat pendant l’instruction, et le refus systématique des défenseurs choisis par les familles, violant grossièrement le droit à un procès équitable. Diana Eltahawy, directrice adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, fustige ce mépris patent pour le droit à la vie et à la justice, avec des exécutions précipitées via des audiences bâclées. Elle note que les enfants et jeunes adultes forment le gros des victimes de cette répression féroce post-manifestations.

Le bilan réel pourrait être bien plus lourd, les autorités muselant les familles et isolant les prisonniers. Amnesty International somme les pays membres de l’ONU, ainsi que les organes régionaux et internationaux, d’agir de concert pour invalider les peines de Mohammadi et Biglari, et bloquer toute nouvelle condamnation. Elle presse les rapporteurs spéciaux de l’ONU, la mission de fact-finding sur l’Iran et les diplomates d’obtenir le droit d’entrée dans les prisons et de présence aux procès.

Les cas emblématiques révèlent l’ampleur des abus. Saleh Mohammadi, appréhendé le 5 janvier 2026, a écopé de la peine capitale le 4 février par la première chambre pénale de Qom, accusé d’avoir tué un agent de sécurité – une charge qu’il conteste. Ses aveux forcés, rétractés au tribunal pour cause de tortures, ont été ignorés sans vérification.

Mohammadamin Biglari et six co-accusés ont été condamnés le 9 février par la 15e chambre révolutionnaire de Téhéran, sous la houlette d’Abolghasem Salavati, pour ‘inimitié envers Dieu’ et destruction d’une base Basij, milice rattachée aux Gardiens de la Révolution islamique. Biglari a subi une disparition forcée et un black-out sur l’assistance légale durant l’enquête.

Malgré l’interdiction internationale d’exécuter les moins de 18 ans au moment des faits, ces jeunes paient un prix exorbitant. Depuis 2022 et les soulèvements populaires, les mises à mort se multiplient en Iran, culminant en 2025 avec le record absolu depuis 1989.

Amnesty International milite pour un renvoi de la situation iranienne au procureur de la Cour pénale internationale et des poursuites des responsables via la compétence universelle.

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