Les prisonniers politiques et autres détenus en Iran affrontent des dangers extrêmes alors que les prisons subissent des destructions, des ruptures d’approvisionnement et une surpopulation accrue au cœur des opérations militaires intensives.
Avec l’escalade des frappes aériennes dans diverses zones du pays, l’angoisse monte pour la santé des personnes incarcérées, surtout les prisonniers politiques, au sein du réseau carcéral iranien.
Une déclaration récente du Conseil national de la Résistance iranienne met en garde contre le maintien en détention pendant un conflit armé, qualifiant cela de crime doublé qui expose les captifs aux menaces des combats et aux traitements cruels constants des geôles. Les détenus font face à des risques directs de bombardements proches et à un resserrement des mesures disciplinaires imposées par les gardiens, alimentant l’inquiétude des proches et des militants des droits humains pour des milliers de vies.
Crise aiguë à la prison du Grand Téhéran
La prison de Fashafouyeh, dans la banlieue de Téhéran, suscite une inquiétude particulière. Des comptes rendus font état de dégâts sur l’entrepôt des vivres suite à des attaques récentes, provoquant des pénuries critiques en alimentation, soins et biens de base. Les prisonniers ne bénéficieraient que d’un repas quotidien selon des témoignages.
La fuite de gardiens terrifiés par les raids aériens a empiré les choses, interrompant les services vitaux. La cantine carcérale est fermée, coupant l’accès aux besoins essentiels.
Surpopulation suite à des transferts d’Evine
En outre, une cinquantaine de détenus d’Evine ont été acheminés sans avertissement vers Fashafouyeh, où ils croupissent dans un espace prévu pour vingt, dormant au sol dans un entassement insoutenable et insalubre. Tous profils confondus – politiques, criminels ordinaires, seniors, malades, mineurs – cohabitent sans séparation, en contradiction flagrante avec les standards pénitentiaires internationaux. Certains n’ont rien mangé depuis leur arrivée, souffrant de famine.
Situations analogues dans les autres prisons du pays
À Qezel Hesar, les captifs sont cloîtrés systématiquement pendant les explosions voisines, sans abri ni accès extérieur. Des unités de la police spéciale NOPO pullulent à l’intérieur et autour du site.
À Mahabad, dans l’ouest, le 3 mars, un bombardement militaire adjacent a poussé des détenus à protester, incendiant des couvertures pour réclamer évacuation ou remise en liberté. Les forces ont riposté avec des gaz lacrymogènes. Le 4 mars, 120 d’entre eux ont été envoyés à Miandoab, confinés dans deux salles de quarantaine surchargées.
À Karaj, le 7 mars, un mur de la prison de Fardis (Kachouei) a été touché, poussant les familles à se masser devant pour prendre des nouvelles de leurs êtres chers.
Appels urgents à la communauté internationale
Maryam Radjavi, présidente du Conseil National de la Résistance iranienne, alerte sur les périls inédits pour les prisonniers en temps de guerre, dénonçant un crime aggravé et pressant la communauté mondiale et les ONG des droits humains d’obtenir promptement la libération des prisonniers politiques et une réponse claire à la détérioration des conditions dans les prisons iraniennes.
