En pleine escalade des tensions militaires, les autorités iraniennes déploient une stratégie de répression intérieure impitoyable contre les citoyens et les détenus, sous couvert d’une rhétorique belliqueuse. Des déclarations récentes de hauts responsables judiciaires et des chiffres accablants sur les exécutions révèlent une politique de neutralisation préventive visant à museler toute opposition.
Le pouvoir judiciaire se mue en outil au service des forces armées. Le 4 mars 2026, Gholamhossein Mohseni-Eje’i, chef de cette institution, a affirmé une collaboration renforcée avec les appareils sécuritaire et militaire, liant explicitement les actes civils à une trahison en temps de guerre. Toute expression soupçonnée de « collusion avec les ennemis », comme les États-Unis ou Israël, doit être sanctionnée par des « mesures révolutionnaires de guerre », marquant un virage du judiciaire vers une mission sécuritaire où les normes procédurales cèdent la place à l’arbitraire.
Un ordre d’intervention immédiate suspend le droit à la vie. Lors d’une réunion confidentielle en mars 2026, Mohammad Javad Larijani a esquissé une approche d’élimination instantanée : toute protestation ou slogan « pro-ennemi » justifie une riposte sur place, avec un appui inconditionnel aux Bassidj et à l’armée pour juguler les troubles internes. Les défenseurs des droits humains y voient une invitation à des exécutions extrajudiciaires massives contre les manifestants.
La torture et l’intimidation s’intensifient en prison. Dans des établissements comme ceux de Mahabad et Ghezel Hesar, des revendications des détenus – motivées par le manque d’abris face à des frappes proches – ont été écrasées par des gaz lacrymogènes en espaces confinés. S’ajoutent des coupures des communications, des harcèlements psychologiques sur les proches et une atmosphère de terreur pour briser les velléités de révolte, pratiques qualifiées de torture et de traitements cruels par les organisations internationales.
La cadence des exécutions atteint un paroxysme : 70 personnes ont été tuées en huit jours, soit une toutes les trois heures. Avec 11 à 15 pendaisons quotidiennes sur plusieurs jours, cette accélération trahit un recours délibéré à la peine capitale. Réparties dans plus de quarante villes – Yasuj, Khash, Rasht, Qazvin, Mashhad, Yazd, Ahvaz, Bandar Abbas, Tabriz, Qom –, elles instillent une peur nationale, touchant toutes les régions pour paralyser toute résistance.
Les foyers deviennent des zones de répression. Des récits sur les réseaux sociaux rapportent des tirs de Bassidj sur des appartements d’où jaillissent des cris de contestation, confinant les habitants et réprimant sur-le-champ toute dissidence, en violation flagrante de la propriété privée et de la liberté d’expression.
Sur le plan juridique, ces agissements bafouent le droit international : les exécutions de masse et la répression systématique évoquent des crimes contre l’humanité au sens de l’article 7 du Statut de Rome ; les éliminations immédiates contredisent l’article 6 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ; les principes de guerre sapent le procès équitable de l’article 14 ; l’exposition des prisonniers près de cibles militaires heurte la Quatrième Convention de Genève ; les gaz en cellules fermées et les pressions familiales enfreignent la Convention contre la torture ; les intrusions domiciliaires heurtent l’article 17 du PIDCP.
Il est urgent que la communauté internationale documente les discours de Mohseni-Eje’i et Larijani comme possibles appels à des crimes graves, dénonce l’escalade des exécutions comme arme politique, appelle à la sécurité des manifestants face aux violences, instaure une veille indépendante sur les prisons pour éviter un massacre comme celui de 1988, et lance des enquêtes sur d’éventuels crimes contre l’humanité.
Cette fusion entre un discours guerrier, des exécutions accélérées et une répression domestique signale une ère de violence politique accrue, imposant une réaction immédiate pour conjurer une catastrophe.
