L’ONU exige une enquête d’urgence sur le massacre de milliers de manifestants et les crimes contre l’humanité en Iran

Genève – La Mission d’établissement des faits de l’ONU sur l’Iran insiste sur l’urgence de rassembler des éléments probants pour identifier et poursuivre les responsables des graves atteintes aux droits humains, après ce qui apparaît comme la plus violente répression contre la population depuis 1979.

Lors de la 39e session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme à Genève, Sara Hossain, présidente de la Mission, a évoqué des témoignages fiables rapportant des milliers de morts depuis le début des protestations le 28 décembre. Le régime revendique quant à lui la perte d’au moins 300 membres de ses forces de sécurité, tandis que plus de 24 000 arrestations ont visé enfants, journalistes et militants des droits humains.

« Les récents événements tragiques en Iran exigent une collecte immédiate de preuves pour vérifier les allégations de violations des droits humains et d’infractions au droit international, potentiellement des crimes contre l’humanité », a affirmé Mme Hossain. « Seule la justice peut rompre le cercle de l’impunité et éviter de nouvelles tragédies encore plus dévastatrices. »

Cette réaction organisée du pouvoir s’inscrit dans un système juridique qui nie les droits fondamentaux des citoyens, favorise l’impunité et multiplie les abus. « Vu les patterns historiques de violations déjà documentés par la Mission, la communauté internationale doit agir sans délai », a ajouté la présidente. Elle a rejeté toute intervention militaire unilatérale, contraire au droit international, et rappelé que les accusations de partialité n’excusent pas les États de leurs devoirs en matière de droits humains. Il est essentiel de traquer les coupables, y compris les institutions qui tolèrent la violence, et de soutenir les victimes.

Nées d’une crise économique et d’un appauvrissement généralisé, les manifestations ont gagné les 31 provinces iraniennes. Après un bref appel au dialogue de certains officiels, l’État a opté pour une escalade répressive. Depuis le 8 janvier, un black-out total d’Internet et des réseaux mobiles isole des millions d’Iraniens.

Malgré cela, la Mission a compilé des déclarations de témoins et de victimes, et poursuit la documentation d’abus graves : usage excessif de la force létale causant des exécutions sommaires et blessures graves, tortures, violences sexuelles et genrées, détentions arbitraires, aveux extorqués. Des vidéos analysées montrent des tirs à balles réelles sur des foules non menaçantes.

Des milliers de blessés, dont personnes âgées, femmes et enfants, ont été recensés. L’emploi de plombs à bout portant visant le visage évoque les tactiques d’aveuglement observées lors des protests « Femme, Vie, Liberté » en 2022. À Ispahan, le 10 janvier, jusqu’à 500 manifestants aux yeux touchés par des plombs ont été hospitalisés.

Certaines séquences révèlent des actes violents isolés, comme des incendies de véhicules ou d’immeubles. Le gouvernement dénonce des attaques contre secouristes, biens publics, religieux et sanitaires. « Ces faits nécessitent une vérification », tempère Mme Hossain. « Le droit international restreint strictement l’usage létal de la force aux cas extrêmes de menace imminente pour la vie. »

« Le droit international impose l’arrêt des graves violations, la protection des vulnérables et un chemin vers vérité, justice et responsabilité pour tous les Iraniens », a-t-elle conclu.

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