Jusqu’à 30 000 victimes dans la sanglante répression des manifestations de janvier en Iran

Des responsables du ministère iranien de la Santé ont révélé à un magazine américain que la répression des manifestations nationales des 8 et 9 janvier aurait causé jusqu’à 30 000 morts en deux jours seulement. Cette violence sans précédent a complètement dépassé les capacités logistiques du régime, avec un afflux massif de corps obligeant à épuiser les réserves de sacs mortuaires et à réquisitionner des camions pour les évacuer, faute d’ambulances disponibles.

Ces déclarations mettent en lumière un bilan bien plus lourd que les chiffres officiels antérieurs, traduisant un chaos total dans la gestion des décès par les services médicaux et administratifs habituels.

Dans la foulée de cette répression, des exécutions ont connu une hausse brutale : au moins 21 prisonniers, dont une femme, ont été passés par les armes dans les semaines suivantes. Ces condamnations, souvent prononcées dans des procès opaques sans accès réel à un avocat ni droit d’appel, semblent destinées à terroriser la population au cœur d’une vague répressive.

De nombreux arrestations persistent dans un vide juridique alarmant, avec des détenus retenus des semaines ou des mois sans charges formelles ni jugement. Les familles, privées de contacts et d’informations sur les lieux de détention, subissent une pression psychologique intense, tandis que les autorités invoquent le respect du droit interne face aux doutes des observateurs indépendants.

À Ahwaz, dans le sud-ouest, des témoignages font état d’enterrements clandestins de masse pour les victimes des manifestations, sans alerter les proches ni procéder à une identification officielle. Un ambulancier a décrit des dizaines de corps inhumés de nuit, loin des rites légaux, pour éviter tout rassemblement et masquer l’ampleur du massacre.

L’inquiétude grandit aussi autour de la détention d’enfants scolarisés, arrêtés et envoyés à la prison de Shiban à Ahvaz, au milieu de condamnés pour crimes graves. Les parents, sans nouvelles de leurs enfants, craignent pour leur intégrité physique et mentale dans ces conditions inhumaines.

À Chiraz, le quartier des femmes de la prison d’Adel-Abad est submergé par l’arrivée massive de manifestantes, entraînant une surpopulation extrême, un manque criant d’hygiène, des soins médicaux rares et des visites familiales interdites. Cette situation risque de provoquer une crise sanitaire et psychologique majeure.

Ces éléments dessinent les contours d’une crise des droits humains explosive, des tueries de masse aux cachotteries funéraires, en passant par des détentions arbitraires et des geôles surpeuplées. Les appels à des enquêtes internationales et à un accès libre aux prisons se multiplient, alors que les familles des disparus exigent vérité et justice dans ce qui pourrait être l’un des pires massacres liés à des protestations dans l’histoire récente de l’Iran.

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