Les étudiantes de l’université Alzahra, établissement réservé aux femmes, ont bravé les autorités en entonnant des chants de résistance : « Nous tiendrons avec force et libérerons l’Iran. »
Pour la troisième journée consécutive, le 23 février 2026, des rassemblements étudiants ont éclaté dans les universités de Téhéran et d’autres grandes villes iraniennes, coïncidant avec le quarantième jour de deuil pour les victimes du soulèvement national récent. Ces actions ont amplifié leur dimension symbolique, honorant les morts face à une répression impitoyable.
À l’université Alzahra de Téhéran, les participantes se sont massées dès 11 heures devant la Faculté des lettres, répondant à un appel préalable à la mobilisation. Elles ont affirmé leur unité nationale contre les politiques oppressives, jurant de faire des campus des remparts de la lutte pour les droits et la fin de la dictature. Parmi les cris lancés figuraient « N’ayez crainte, nous sommes unies », « Nos vies ne sauraient tolérer la compromission » et « Par le sang de nos martyrs, nous irons jusqu’au bout », dénonçant les assassinats de manifestants et les abus du pouvoir. Ce site est devenu un épicentre du mouvement.
À l’université de Téhéran, une heure de recueillement s’est tenue de 11 à 12 heures dans le hall de la Faculté des langues étrangères, en mémoire de Raha Bahlouli Pour, jeune femme de 23 ans tuée par les forces de sécurité en janvier. Les étudiants y ont réclamé justice avec des slogans comme « Mort au dictateur » et « Pour chaque Raha fauchée, milles autres se dresseront ».
À l’université de technologie Sharif, les protestataires se sont regroupés au nord de la cafétéria du campus, réclamant la chute du régime et promettant de poursuivre la révolte. Des tensions ont opposé certains étudiants aux agents du régime, avec des invectives contre les contrôles imposés.
Les étudiants de l’université Elm-o-Farhang à Téhéran et ceux de l’université de technologie d’Ispahan ont emboîté le pas, scandant « Mort au dictateur » et « Sans les mollahs, notre pays renaîtra ». Ces initiatives soulignent le rôle incontournable des universités, foyers de commémoration des tués et de revendications pour la liberté et une démocratie véritable.
