Le rapport présenté par Sara Hossain, à la tête de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits, alerte sur l’aggravation dramatique de la répression et des atteintes aux droits humains en Iran.
À la soixante-et-onzième session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, Sara Hossain, qui dirige la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur l’Iran, a dévoilé un document détaillé révélant une crise humanitaire majeure dans le pays. Fondé sur une vaste collecte de preuves et des récits directs de victimes, ce travail met en lumière une répression organisée qui s’amplifie, touchant de plein fouet les droits essentiels, avec un impact particulièrement lourd sur les femmes.
Sara Hossain a rappelé que cette enquête découle d’un mandat prolongé en avril 2025 par le Conseil des droits de l’homme, chargé d’examiner les « graves et récurrentes violations des droits humains » en Iran. Les analyses s’appuient sur des centaines de preuves, dont des entretiens détaillés avec 164 victimes et témoins, réalisés en Iran comme à l’étranger, ainsi que l’étude de nombreux documents officiels émanant des autorités iraniennes.
Elle a décrit un contexte alarmant où les Iraniens se trouvent coincés dans une impasse périlleuse, marquée par l’intensification des conflits armés et des tensions militaires, sur fond d’une répression interne chronique qui asphyxie les libertés civiles et mine l’État de droit.
Sara Hossain a évoqué les vastes manifestations lancées le 28 décembre 2025, affirmant : « Les atrocités surviennent alors que les Iraniens émergent à peine d’une vague de brutalité inédite infligée par leur gouvernement suite aux protestations du 28 décembre 2025, quand des millions de citoyens ont envahi les rues du pays. Nous avons déjà des indications que des manifestants, des passants, y compris des femmes et des enfants, ont été tués ou blessés dès le début de la répression gouvernementale. »
Elle a ensuite insisté sur le renforcement des pratiques répressives après les heurts de juin 2025, précisant : « Après le conflit de juin 2025, l’État a durci sa répression pour museler toute opposition, via des arrestations en masse, des incarcérations et des jugements expéditifs. Les minorités ethniques et religieuses ont été poursuivies sans respect des normes de procédure équitable ni le droit à un jugement impartial. Journalistes, militants des droits humains et internautes ont été visés pour leurs prises de position sur le conflit ou leurs appels à la paix. Loin de démanteler son système discriminatoire enraciné, l’Iran persiste à instrumentaliser les règles sur le hijab imposé pour réprimer femmes et filles. »
Pour clore son intervention, Sara Hossain a exhorté les autorités iraniennes à stopper sans délai les intimidations, le harcèlement et les arrestations arbitraires. « Nous demandons à l’Iran d’arrêter les intimidations, le harcèlement et les détentions arbitraires, et d’instituer un moratoire immédiat sur la peine capitale en vue de son abolition totale. Un virage décisif s’impose d’urgence, permettant à toutes les voix iraniennes – femmes, jeunes, minorités – de s’exprimer librement sans menace pour leur sécurité, et de peser activement sur les décisions publiques de leur pays. »
