Les autorités iraniennes poursuivent leur campagne de répression contre les femmes arrêtées après le soulèvement de janvier 2026. Ces derniers jours, plusieurs d’entre elles ont été condamnées à la prison, maintenues en détention prolongée ou laissées dans une incertitude juridique totale, dans un contexte de durcissement continu des violations des droits humains.
La cour d’appel du Khouzistan a confirmé la peine d’un an de prison prononcée contre Kowkab Badaghi Pagah, professeure d’histoire et syndicaliste dans le secteur de l’éducation. Enseignante à Izeh, elle avait déjà été convoquée par une instance disciplinaire de l’Éducation nationale dans la province, qui lui avait imposé une suspension de trois mois en septembre 2025.
Shadi Shadman, également connue sous le nom de Khadidjeh, a été condamnée à cinq ans de prison par le tribunal révolutionnaire de Téhéran. Arrêtée pendant le soulèvement et incarcérée à la prison d’Evin, cette mère d’une fillette de 9 ans était le seul soutien financier de son foyer. Avant son arrestation, elle travaillait comme couturière et pâtissière et avait participé aux manifestations liées à la flambée des prix, à l’inflation et à la crise économique. Elle a été interpellée sous les yeux de sa fille, qui a ensuite été confiée à des proches installés dans le Khorassan. Depuis sept mois, la détenue n’a pas pu revoir son enfant en raison de la distance et des obstacles matériels.
À Dehdacht, Mehregan Namavar, poétesse, a été arrêtée par les forces de sécurité le 5 juillet 2026. Son lieu de détention n’a pas été communiqué. Cette arrestation est intervenue alors qu’elle devait se présenter le 15 juillet auprès du service chargé de l’exécution des peines pour commencer à purger sa condamnation. En mars 2026, un tribunal correctionnel l’avait condamnée à deux ans de prison pour « diffusion de fausses informations en ligne dans le but de troubler l’opinion publique ». Dans un autre dossier, le tribunal révolutionnaire provincial lui avait infligé une année supplémentaire de détention pour atteinte présumée à la sécurité et incitation au meurtre par le biais de publications jugées perturbatrices. Née en 1988 et mère d’une fille, elle avait déjà été arrêtée en mars 2025 avant d’être libérée sous caution.
Shakila Ghasemi, citoyenne baha’ie vivant à Kerman, reste emprisonnée depuis 160 jours sans qu’aucune décision définitive n’ait été rendue sur son statut. Son maintien prolongé en détention, ajouté à un long passage à l’isolement, aurait entraîné une grave détresse psychologique, accompagnée de crises convulsives répétées. Elle a été transférée plusieurs fois à l’infirmerie de la prison, mais sa demande de congé médical n’a pas été acceptée. Âgée de 26 ans, elle a été arrêtée à son domicile le 2 février 2026, après une perquisition au cours de laquelle les agents de sécurité ont saisi ses appareils électroniques ainsi que ceux de sa famille. Elle a ensuite passé environ 47 jours dans un centre d’interrogatoire des services de renseignement des Gardiens de la révolution, puis près de 100 jours à l’isolement avant d’être transférée dans le quartier général de la prison. Le motif de son arrestation et les charges retenues contre elle n’ont toujours pas été rendus publics.
À Bandar Abbas, Forouzan Ansari, actrice de théâtre, a été condamnée à un an de prison par le tribunal révolutionnaire local pour propagande contre l’État. Elle avait déjà été arrêtée le 12 janvier 2026, puis libérée sous caution après une dizaine de jours de détention.
La situation d’Astareh Ansari, avocate, reste elle aussi préoccupante. Elle est détenue depuis 75 jours. Parmi les motifs évoqués figure le fait d’avoir proposé publiquement d’assurer gratuitement la défense des personnes arrêtées pendant le soulèvement de janvier 2026. Elle est maintenue en prison alors même qu’elle souffre d’une maladie nécessitant des soins, qui lui seraient toujours refusés, faisant peser une menace sérieuse sur son intégrité physique.
