Paris, 19 septembre 2026
À la Place de la République, une nouvelle exposition a été présentée pour rendre hommage aux personnes exécutées en Iran et rappeler que la peine de mort demeure un instrument de répression.
Des photographies, des documents et des témoignages ont permis de rappeler le massacre des prisonniers politiques de 1988 et de porter à la connaissance du public la poursuite, ainsi que l’intensification, des exécutions en Iran au cours de l’année 2026.
Selon les données recensées, 1 069 exécutions ont été enregistrées dans le pays depuis le début de l’année jusqu’à la fin du mois d’août 2026. Derrière ce total se trouvent des milliers de familles confrontées à la perte d’un proche et, dans de nombreux cas, à l’absence de garanties judiciaires minimales.
Des condamnations liées aux mouvements de protestation
L’exposition a également porté une attention particulière aux personnes condamnées à mort dans le contexte des mouvements de protestation de 2026.
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a exprimé de graves inquiétudes au sujet des arrestations, des détentions arbitraires, des disparitions forcées, des actes de torture et des condamnations à mort survenus dans le contexte des manifestations nationales.
Dans une communication publiée en mai 2026, les experts des Nations unies ont notamment signalé des procédures judiciaires ne respectant pas les garanties d’un procès équitable. Selon les informations reçues, certaines condamnations reposeraient sur des aveux obtenus sous la torture.
Le 16 juillet 2026, le mécanisme des procédures spéciales de l’ONU a mis en garde contre le risque imminent d’exécution de plusieurs personnes, en raison de graves préoccupations concernant les procédures judiciaires et les garanties d’un procès équitable.
Faire connaître les victimes au public parisien
Au-delà des panneaux et des chiffres, l’exposition cherchait aussi à faire connaître les visages et les histoires des victimes au public français.
Pendant tout l’après-midi, de nombreux passants se sont arrêtés pour examiner les documents, poser des questions et échanger avec les organisateurs. Plusieurs Parisiens ont exprimé leur solidarité avec le peuple iranien et la nécessité de poursuivre ce travail de sensibilisation dans l’espace public.
Certains visiteurs ont insisté sur l’importance d’une présence régulière dans les rues de Paris, afin que la situation des droits humains en Iran ne tombe pas dans l’oubli.
Ces échanges sont essentiels : chaque chiffre renvoie à une vie, une famille et une histoire qui ne doivent pas disparaître derrière les statistiques.
De 1988 à aujourd’hui : témoigner contre l’impunité
Alors que les exécutions continuent en Iran, le rappel du massacre de 1988 donne toute sa portée à cette mobilisation. La mémoire des victimes de 1988 et l’alerte concernant les exécutions actuelles s’inscrivent dans un même combat contre l’impunité et contre l’utilisation de la peine de mort comme instrument de répression.
Grâce à ces actions régulières à Paris, le travail d’information et de sensibilisation du public français se poursuit.
Témoigner, informer et maintenir la situation des droits humains en Iran au cœur de l’espace public, c’est aussi donner de la visibilité à la voix des victimes et de leurs familles.
