Iran : vague d’arrestations arbitraires contre femmes et mineurs

Dans un climat de conflit armé exacerbant la répression, l’Iran connaît une multiplication alarmante des interpellations ciblant principalement les femmes et les adolescents. Les forces de sécurité procèdent à des détentions massives quotidiennes, invoquant des motifs flous comme la ‘collaboration avec des puissances ennemies’ ou la ‘menace à la sécurité nationale’, avant d’acheminer les captifs vers des prisons et centres de détention.

Azar Yahoo, âgée de 38 ans, purge sa peine au quartier 6 de la prison de Vakilabad à Machhad depuis son interpellation le 5 mars 2026 par les services de renseignement de l’unité Tharallah des Gardiens de la révolution. Incriminée pour ‘liens avec Israël’ en raison de ses posts sur les réseaux sociaux, elle est aussi visée pour avoir ‘dansé dans la rue suite au décès d’Ali Khamenei’, qualifié d’atteinte à la sécurité nationale.

Le 19 mars 2026, Baran Omidian, doctorante, et sa nièce Dorsa Ayazi, 17 ans, ont été appréhendées. Après interrogatoire, Omidian a été envoyée à la prison de Qarchak près de Varamin, tandis que l’adolescente a été placée dans un centre pour mineurs.

Zeinab Azizi et son époux, arrêtés début mars à Sanandaj, ont été conduits de leur centre de détention sécurisé à la prison centrale de Hamadan. Des messages sur les réseaux sociaux indiquent qu’ils n’ont eu droit qu’à trois appels téléphoniques contrôlés depuis leur capture ; les visites familiales et l’assistance d’un avocat leur sont interdites, et l’évolution de leur affaire reste opaque.

Mahboubeh Shaabani, née en 1993 et capturée le 2 février 2026 à Machhad lors des protestations de janvier, croupit à Vakilabad sous l’accusation de ‘moharebeh’ (guerre contre Dieu), passible de la peine capitale. Les agents du ministère du Renseignement l’ont arrêtée violemment pour avoir soi-disant aidé des blessés en les transportant vers des soins médicaux. Soumise à une intense pression psychologique dans le quartier féminin, elle manque cruellement de soutien familial.

Farideh Ketabi, mère d’une militante politique exilée nommée Zahra Sedighi-Hamadani, a été détenue le 27 mars 2026. Cette arrestation est vue comme un moyen de faire plier sa fille à l’étranger. Vivant à la campagne sans passé militant, cette femme diabétique dépendante de l’insuline voit sa santé se détériorer en captivité, provoquant une profonde angoisse.

Sima Anbaei Farimani, 34 ans, actrice et poétesse, a été saisie le 16 mars 2026 par les forces sécuritaires et retenue à Vakilabad dans un vide juridique complet. Poursuivie pour ‘connexions avec Israël’, ‘complot contre la sécurité nationale’ et ‘outrage au Guide suprême’, sa famille est privée d’accès au dossier et ne peut désigner d’avocat.

Le 1er avril, les agents ont fouillé sans mandat le domicile de Mandana Sotoudeh, emportant ses appareils électroniques. Son conjoint a été d’abord détenu, puis elle-même interpellée chez sa mère. Aucune explication officielle n’a filtré sur les raisons ou le lieu de leur incarcération.

Mahsa Sotoudeh, 25 ans de Chiraz, a vu son appartement perquisitionné le 29 mars 2026 par les renseignements des Gardiens de la révolution, qui ont confisqué tous les équipements électroniques familiaux avant de l’emmener vers une destination secrète. Des jours plus tard, rien n’est connu de son sort, des accusations ou de son emplacement.

Ces affaires cumulées mettent en lumière une répression orchestrée via des inculpations floues touchant la sécurité de l’État. Le refus systématique d’avocats, de contacts familiaux et de procédures transparentes accentue les craintes pour les droits humains en Iran, surtout pour les femmes et les mineurs.

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