À l’été 1988, les autorités iraniennes ont orchestré l’exécution extrajudiciaire de milliers de prisonniers politiques à travers le pays. Derrière des interrogatoires expéditifs présentés comme de nouveaux examens de leur dossier, le régime a mis en place des « commissions de la mort » qui ont servi à éliminer systématiquement toute opposition politique.
Dans plusieurs prisons, des détenus ont été sortis de leurs cellules, les yeux bandés, puis conduits devant des groupes composés de responsables judiciaires, de membres du parquet, des services de renseignement et de l’administration pénitentiaire. Ces instances n’avaient rien d’un tribunal : les échanges duraient quelques minutes, les procédures étaient arbitraires, et les prisonniers n’avaient ni avocat, ni possibilité de se défendre, ni droit de recours.
Le seul objectif était de contraindre les détenus à renier leurs convictions, à se désolidariser de leurs organisations politiques ou à exprimer leur repentir. Ceux qui refusaient étaient condamnés à mort et exécutés peu après. Les corps ont ensuite été enterrés dans des fosses anonymes, tandis que les familles étaient maintenues dans l’ignorance et empêchées de faire leur deuil.
Le bilan exact reste difficile à établir, mais les estimations évoquent au moins 5 000 victimes, et possiblement davantage. Les organisations de défense des droits humains considèrent ces exécutions comme des violations graves du droit international et comme un crime contre l’humanité.
Plus de trois décennies plus tard, ce massacre demeure l’un des épisodes les plus sombres de la répression politique en Iran. L’impunité qui l’entoure continue d’alimenter les appels à la vérité, à la justice et à la responsabilité des auteurs.
