La lutte des prisons iraniennes contre la peine de mort atteint un record historique : 139 semaines de résistance et 64 établissements en grève de la faim

La campagne iranienne des « mardis non aux exécutions » entre dans une phase inédite. Pour la 139e semaine consécutive, des détenus répartis dans 64 prisons à travers tout le pays ont entamé une grève de la faim le 22 septembre 2026, réaffirmant avec force leur refus catégorique de la peine de mort et de son application. Cette mobilisation continue de s’étendre malgré un climat de répression sévère. Les prisonniers participant au mouvement ont dû faire face ces dernières semaines à des pressions sécuritaires accrues, des menaces directes, des coupures de communication avec l’extérieur et diverses mesures punitives. Aucune de ces pressions n’a toutefois réussi à briser leur détermination. Chaque semaine, la grève de la faim leur offre l’occasion de réitérer leur combat pour le droit à la vie et leur opposition aux exécutions capitales. La longévité exceptionnelle de cette protestation, qui dure depuis maintenant trois ans, et son envergure géographique, couvrant 64 établissements pénitentiaires, témoignent de la profondeur et de la persistance de la contestation carcérale contre la politique de mort en Iran. Le contexte dans lequel s’inscrit cette mobilisation reste des plus sombres. Les organisations de défense des droits humains font état d’une poursuite active des exécutions et des condamnations à mort sur le territoire iranien. La semaine précédente, trois jeunes militants ont été condamnés à mort, tandis que Rezvan Asgharzadeh, une femme de 45 ans et mère de six enfants, a été exécutée dans la prison de Dastgerd, à Ispahan, sur la base d’accusations liées au trafic de stupéfiants. Selon les données rendues publiques, le nombre d’exécutions recensées depuis le 21 mars 2026 s’élève à au moins 448. La grève de la faim a également gagné de nouveaux territoires carcéraux : la prison de Bandar Abbas et la prison de Ziabers, située à Somesara dans la province du Gilan, ont rejoint le mouvement cette semaine, portant à 64 le nombre d’établissements participants. Parmi les nombreux détenus engagés dans cette grève, une proportion significative de femmes prisonnières politiques occupe les quartiers féminins de la prison d’Evin, de la prison de Qarchak à Varamin, de la prison de Sepidar à Ahvaz, de la prison d’Adelabad à Chiraz, ainsi que celles de Zahedan, de Yazd et de Rasht. Cette campagne, devenue le mouvement de résistance carcérale le plus large, le plus durable et le plus influent d’Iran, continue de porter la voix des détenus opprimés, en dépit de l’intensification constante de la répression.

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