Iran : la rentrée universitaire 2026 écrasée sous le poids de la répression, de la précarité et du déclin académique

La rentrée universitaire iranienne de 2026 s’annonce comme une épreuve brutale pour des milliers d’étudiants. À travers tout le pays, les jeunes chercheurs affrontent simultanément un resserrement sécuritaire, une explosion du coût de la vie et un effondrement de la qualité de l’enseignement supérieur.

Les étudiantes subissent de plein fouet les directives sur le port du hijab. Des responsables gouvernementaux ont annoncé la publication prochaine d’un texte encadrant strictement le voile dans les universités, tandis que le Conseil suprême de la révolution culturelle rappelle que des règles existent depuis vingt-cinq ans. Les contrôles d’identité, les convocations et les sanctions disciplinaires visent particulièrement les femmes, y compris dans les dortoirs et les espaces publics des campus.

À la veille de la rentrée, plus d’une centaine de dossiers disciplinaires ont été ouverts. L’université technologique de Sharif a notamment frappé quarante étudiants, dont dix expulsés. Deux jeunes femmes de cet établissement, Fatemeh Khakpour et Parnian Khodabakhshi, ont été chassées des cursus, cette dernière frappée d’une interdiction d’étudier pendant cinq ans. À l’université Amirkabir, seize suspensions et une expulsion ont été prononcées, tandis que l’université K.N. Toosi enregistrait plus de vingt procédures en cours.

La répression s’étend aussi aux prisons. Maryam Javadi, étudiante en journalisme à Ispahan, purge une peine de cinq ans après des mois de détention, de menaces et d’aveux forcés. Selon un responsable du régime, cent étudiants auraient péri lors du soulèvement de janvier 2026, des dizaines demeurant incarcérés.

Parallèlement, la situation économique devient insoutenable. Le logement, la nourriture et les transports coûtent de plus en plus cher aux étudiants éloignés de leur famille. Le nouveau plan de restauration universitaire, prévu en septembre, inquiète par son manque de transparence et son budget insuffisant : selon un syndicaliste, les fonds alloués ne couvrent même pas un repas ordinaire à Téhéran.

Le déclin académique s’accélère. L’université de Téhéran a perdu quarante-cinq places au classement, Tabriz cent huit, tandis que Sharif et Amirkabir chutent également. Les coupures d’Internet, le filtrage et les cours obligatoirement en ligne perturbent la recherche.

Le corps professoral est au bord de l’effondrement. Des retards de salaire ont poussé des enseignants à menacer de grève fin septembre. Dans les faits, un professeur expérimenté gagne moins d’un smic. Selon un enseignant de l’université Tarbiat Modares, douze mille chercheurs ont quitté l’Iran en dix ans. Entre 2018 et 2024, un quart des professeurs d’ingénierie des grandes universités a émigré.

Malgré ces menaces, les étudiantes résistent. Elles ont manifesté en mars, juin et juillet 2026 dans plusieurs villes, faisant de l’université un espace de contestation contre les discriminations et la dictature religieuse.

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