Une rapporteuse de l’ONU rejoint la grève de la faim des « Mardis contre les exécutions » en Iran

Gina Romero, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d’association, observera une grève de la faim mardi 13 octobre 2026 en solidarité avec les prisonniers iraniens mobilisés contre la peine de mort. Cet engagement donne une résonance internationale à leur combat et appelle à amplifier la mobilisation.

Dans un message vidéo publié le 11 octobre, Gina Romero a dénoncé l’utilisation de la peine capitale contre celles et ceux qui exercent leurs libertés d’expression, de réunion, d’association et leurs droits politiques en Iran.

Au moins 46 prisonniers politiques et manifestants ont été exécutés depuis le 19 mars 2026, a-t-elle rappelé. Cette concentration d’exécutions politiques est la plus élevée depuis près de quarante ans. Derrière ce bilan terrible, des vies sont brisées et des familles plongées dans la douleur par une répression destinée à faire taire toute contestation.

La rapporteuse a également dénoncé les détentions illégales et les graves violations qui entachent les procédures judiciaires : torture, disparitions forcées, violences sexuelles, aveux extorqués et privation d’accès à un avocat de son choix. En Iran, manifester pacifiquement ou s’engager politiquement peut conduire à une condamnation à mort.

Gina Romero exige l’arrêt immédiat des exécutions, l’annulation des condamnations prononcées à l’issue de procès inéquitables et un suivi indépendant de la situation des prisonniers menacés.

« Derrière les barreaux, ils risquent tout. Je me joins à eux depuis l’extérieur », a-t-elle déclaré. Mai Sato, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits humains en Iran, a également relayé son appel.

Dans les prisons, une résistance qui refuse de céder

Lancée en 2024 à la prison de Ghezel Hesar, à Karadj, la campagne des « Mardis sans exécutions » rassemble des détenus qui observent chaque mardi une grève de la faim contre la peine capitale.

Le 6 octobre 2026, le mouvement a atteint sa 141e semaine, avec une mobilisation dans 66 prisons à travers le pays. Semaine après semaine, malgré l’enfermement et les risques encourus, les prisonniers poursuivent leur résistance.

Leur message est clair : la peine de mort sert à semer la peur, à réprimer les manifestations et à étouffer les aspirations à la liberté. Face à cette violence, ils appellent à une solidarité toujours plus large.

Personne ne doit être emprisonné, torturé ou exécuté pour avoir exprimé une opinion, manifesté ou défendu ses convictions.

À leur courage doit répondre notre mobilisation

Notre association salue l’engagement de Gina Romero et apporte son soutien aux prisonniers des « Mardis sans exécutions ». Leur combat nous engage : nous devons faire entendre leurs voix et exiger des actes pour protéger leur vie.

Nous appelons les Nations Unies, les gouvernements et les élus à intervenir auprès des autorités iraniennes pour obtenir :

  • L’arrêt immédiat des exécutions et l’abolition de la peine de mort en toutes circonstances ;
  • L’annulation des condamnations à mort prononcées à l’issue de procès inéquitables ;
  • La libération des personnes détenues pour l’exercice pacifique de leurs droits ;
  • L’accès des mécanismes internationaux indépendants aux prisonniers menacés.

Chacun peut contribuer à cette mobilisation en relayant les appels des détenus, en interpellant ses élus et en soutenant les initiatives contre les exécutions en Iran. Chaque voix compte pour briser le silence et renforcer la pression internationale.

Nous défendons un Iran libre et démocratique, où chacun puisse s’exprimer, s’associer et manifester sans craindre la prison, la torture ou la mort. Aux côtés des prisonniers et de leurs familles, faisons vivre cette exigence : non aux exécutions, oui à la liberté !

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