Dans un pays où la peine de mort s’est transformée en une arme de répression systématique, une délégation de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et de la Ligue de défense des droits de l’Homme en Iran (LDDHI) a pris part au 9ème Congrès mondial contre la peine de mort à Paris, pour porter une voix internationale face à l’effroyable recrudescence des exécutions en Iran. Les organisations de défense des droits humains exhortent instamment les gouvernements du monde entier à exprimer leur mécontentement face au mépris total des autorités iraniennes pour les droits humains, notamment le droit à la vie, et à rappeler leurs ambassadeurs du pays. Toute mesure proportionnée sur la scène internationale est nécessaire pour que les responsables d’atteintes aux droits humains soient tenus pour responsables, y compris en facilitant le travail de la mission d’enquête internationale créée par le Conseil des droits humains des Nations unies en novembre 2022. Les organisations appellent également tous les États membres de l’ONU à dénoncer les exécutions de manifestants et à demander instamment aux autorités iraniennes d’imposer un moratoire sur l’application de la peine de mort. Cette mobilisation internationale s’inscrit dans un contexte de critique alarmante : la Rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l’homme en Iran a signalé une augmentation spectaculaire des exécutions, avec 93 cas en août 2024 et plus de 140 en octobre, un chiffre que des pays comme la Suisse qualifient d’atterrant, avec plus de 600 exécutions cette année. Des experts de l’ONU ont notamment exprimé leur vive inquiétude face à la confirmation de la peine de mort de Pakhshan Azizi, une militante kurde condamnée pour ‘rébellion armée contre l’État’, et exhortent les autorités iraniennes à annuler immédiatement cette condamnation, à enquêter sur les allégations de torture et à mettre fin au harcèlement des femmes militantes dans le pays.
