Iran : dixième jour de grève de la faim de 1 500 condamnés à mort à la prison de Ghezel-Hessar

Dans l’unité 2 de la prison de Ghezel-Hessar, en Iran, 1 500 condamnés à mort poursuivent depuis dix jours une grève de la faim et un sit-in pour dénoncer les pressions exercées sur eux et l’inaction du pouvoir judiciaire face à leur situation. Ce mouvement de protestation, d’une ampleur exceptionnelle, prend une tournure de plus en plus dramatique.

Une situation sanitaire alarmante

Depuis la veille, plusieurs détenus se sont cousu les lèvres et ont engagé une grève de la faim sèche, refusant désormais nourriture et eau. L’état de santé de nombreux grévistes est décrit comme critique, plusieurs d’entre eux souffrant d’une chute sévère de la tension artérielle.

L’inquiétude pour six codétenus menacés d’exécution

Dans un communiqué diffusé la veille, les prisonniers grévistes ont fait part de leur vive inquiétude concernant six de leurs codétenus, récemment placés à l’isolement en vue de leur exécution. Ils ont lancé un appel pressant à la population iranienne, l’exhortant à ne pas garder le silence face à un danger qui, selon eux, menace la vie même de la jeunesse du pays, et à se faire l’écho de leur voix.

À l’intérieur de la salle du sit-in, deux grandes pancartes ont été déployées, portant des messages forts : l’une rappelle que la prison et la peine de mort ne sauraient être « le droit » réservé à la jeunesse iranienne, l’autre affirme le refus de la peine de mort au profit de la vie, de la justice et de la dignité.

Un appel à la communauté internationale

Un appel a de nouveau été lancé aux Nations unies et aux défenseurs des droits humains à travers le monde, les invitant à condamner fermement les agissements du régime clérical, à apporter leur soutien aux prisonniers en grève et à agir en urgence pour sauver la vie des condamnés à mort. La nécessité d’envoyer une mission d’enquête internationale dans les prisons iraniennes est également réaffirmée, afin de permettre une rencontre directe avec les détenus, en particulier ceux condamnés à la peine capitale.

Ce mouvement de protestation collectif, l’un des plus importants recensés dans les prisons iraniennes ces dernières années, s’inscrit dans un climat de répression accrue à l’encontre des prisonniers politiques et de droit commun condamnés à mort. Il fait suite à une série d’exécutions récentes visant notamment des personnes arrêtées lors des soulèvements populaires de 2022 et 2025.

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