Depuis plusieurs mois, les autorités iraniennes accentuent la pression sur les femmes et les défenseur·e·s des droits humains à travers une politique de répression toujours plus dure. Arrestations arbitraires, poursuites judiciaires inéquitables, coups de fouet et peines de mort s’inscrivent dans un système destiné à faire taire toute contestation.
Cette offensive vise en particulier celles qui refusent les règles imposées sur le port obligatoire du voile. Les forces de sécurité recourent de plus en plus à la violence physique, frappant, bousculant ou giflant les femmes et les filles considérées comme non conformes aux obligations vestimentaires. La répression ne se limite plus aux rues: elle passe aussi par les tribunaux, les amendes, les interdictions de voyager, les sanctions professionnelles et les restrictions d’accès à l’éducation.
Les organisations de défense des droits humains décrivent une aggravation nette de la situation des femmes en Iran. Selon leurs constats, elles restent privées d’égalité dans de nombreux domaines, notamment le mariage, le divorce, la garde des enfants, l’héritage, l’emploi et la participation politique. Dans ce cadre, les mécanismes de contrôle social sont utilisés pour renforcer une hiérarchie qui relègue les femmes à un statut inférieur.
La nouvelle législation adoptée par les autorités marque une escalade inquiétante. Elle prévoit des sanctions d’une sévérité extrême, allant jusqu’à la peine capitale pour certaines formes de militantisme pacifique contre les lois discriminatoires liées au voile. Elle maintient également le recours à la flagellation, aux lourdes peines d’emprisonnement et à des amendes très élevées pour faire pression sur celles qui défient ces règles.
Depuis les protestations déclenchées par la mort de Jina Mahsa Amini en 2022, le pouvoir iranien a redoublé d’efforts pour étouffer le mouvement des femmes. Les autorités cherchent à démanteler les dernières formes d’organisation et de mobilisation féminine, tandis que le contrôle du corps des femmes demeure au cœur de l’appareil répressif.
Cette stratégie s’appuie sur un cadre juridique qui institutionnalise les discriminations et sur des pratiques qui, selon plusieurs observateurs, s’apparentent à de la torture ou à des traitements cruels, inhumains et dégradants. En Iran, la lutte des femmes pour leurs droits se heurte ainsi à un système qui mêle surveillance, violence et intimidation pour maintenir la peur au quotidien.
