Cheveux arrachés, pieds brisés et aveux sous la torture : des jumelles de 20 ans condamnées en Iran pour avoir manifesté contre le régime

Le Parisien – Taraneh et Romina Rahimi, des sœurs jumelles de 20 ans, ont été arrêtées en Iran après avoir participé aux manifestations du mois de janvier contre le régime. L’une d’elles a été condamnée a mort, et l’autre à 25 ans de prison, ont annoncé des groupes de défense des droits humains fin août.

Taraneh Rahimi a été condamnée à mort pour avoir participé aux manifestations contre le régime iranien. Sa soeur jumelle Romina a été condamnée à 25 ans de prison, ont rapporté des associations de défense des droits humains fin août.(Illustration) Reuters/Lisa Leutner/File Photo
Taraneh Rahimi a été condamnée à mort pour avoir participé aux manifestations contre le régime iranien. Sa soeur jumelle Romina a été condamnée à 25 ans de prison, ont rapporté des associations de défense des droits humains fin août.(Illustration) Reuters/Lisa Leutner/File Photo

Elles ont été arrachées à leur lit en pleine nuit par des hommes masqués. Taraneh et Romina Rahimi, des sœurs jumelles de 20 ans, ont été arrêtées en Iran pour avoir participé aux manifestations du mois de janvier contre le régime.

Taraneh a été condamnée à mort et Romina à 25 ans de prison, après avoir été jugées dans le cadre d’affaires distinctes liées à des incidents survenus à Ispahan (centre), un des foyers de ces vastes rassemblements qui ont culminé les 8 et 9 janvier, ont indiqué l’organisation Hengaw, basée en Norvège, et l’agence Human Rights Activists News Agency (HRANA), aux États-Unis, fin août. Aucune des deux jeunes femmes n’a revu sa famille depuis le prononcé des peines.

« Les avocats des accusés n’ont pas eu accès à une grande partie du dossier et ont fait valoir qu’ils n’avaient pas disposé de suffisamment de temps pour examiner les documents et les éléments de preuve », a déclaré l’agence HRANA.

« Elle ne reconnaissait pas ses propres enfants »

Après quatre mois passés à chercher désespérément des nouvelles auprès des hôpitaux et des institutions de l’État, leur mère, Marzieh Nourmohammadi, avait finalement pu leur rendre visite en prison au mois de mai, a indiqué The Guardian.

« Voir ses filles lui a brisé le cœur », a raconté au média britannique Masoud Nourmohammadi, le cousin des jumelles, installé aux États-Unis. « Elle ne reconnaissait pas ses propres enfants : elles avaient été battues, leurs visages étaient tuméfiés, elles portaient des traces de coups sur tout le corps et avaient les coudes, les articulations des doigts et les pieds brisés ; elles n’avaient pratiquement plus de cheveux, car on les tirait par la chevelure pour les traîner d’une cellule à l’autre », a-t-il décrit.

Marzieh Nourmohammadi, qui a élevé seule ses filles, n’a pas été autorisée à assister à leur procès. Selon leurs avocats, Taraneh a déclaré au tribunal que les aveux avaient été obtenus sous la torture. Les gardiens de la prison auraient également menacé de violer Romina sous les yeux de sa sœur si cette dernière ne signait pas d’aveux. Aucune preuve de l’implication des sœurs dans des actes de violence n’aurait été produite. Elles n’avaient jamais participé à des manifestations auparavant.

« Peu importe votre droiture ou votre innocence, nous pouvons vous atteindre »

La différence entre les peines prononcées reste un mystère. Le cousin des jumelles a déclaré penser que Taraneh avait été condamnée à la pendaison en raison de son innocence évidente. « Il suffit de regarder ses yeux pour comprendre immédiatement que c’est une personne bienveillante », a-t-il affirmé. « J’ai le sentiment qu’ils cherchent à semer la peur parmi la population, à faire passer ce message : Regardez, peu importe votre droiture ou votre innocence, nous pouvons vous atteindre ; alors, ne descendez plus dans la rue ».

Depuis le début de la guerre avec les États-Unis, Téhéran a exécuté 29 hommes pour des faits liés aux manifestations, selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège. Jusqu’à maintenant, l’Iran n’a exécuté aucune femme en lien avec les rassemblements. Au moins 16 femmes ont toutefois été exécutées pour d’autres infractions depuis le début de l’année, selon l’IHR.

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