Le mardi 9 décembre 2025 marque la 98e semaine de la campagne de protestation hebdomadaire où des détenus de 55 prisons iraniennes entament une grève de la faim contre l’application systématique de la peine capitale. Cette mobilisation survient dans un contexte tragique, marqué par la disparition suspecte de Khosrow Alikordi, un avocat engagé dans la défense des droits humains et soutien actif de ce mouvement, ainsi que la récente condamnation à mort du prisonnier politique Karim Khojasteh.
Khosrow Alikordi, réputé pour son combat en faveur des victimes des manifestations nationales de 2022 et appui des familles cherchant justice, a été retrouvé mort dans des circonstances qui suscitent de sérieuses interrogations. Sa disparition est ressentie comme une lourde perte par la communauté juridique et les militants des droits humains.
Dans leur déclaration hebdomadaire, les détenus en grève dénoncent l’intensification effroyable des exécutions dans le pays. Entre le 22 novembre et le 8 décembre, plus de 200 personnes ont été mises à mort, dont 95 lors de la seule dernière semaine, témoignant d’une politique punitive qui dépasse largement la justice pour devenir un instrument de terreur et de contrôle social.
La peine de mort, loin de répondre à une logique pénale justifiée, est ainsi qualifiée par ces prisonniers de crime organisé à l’encontre du droit fondamental à la vie, utilisée pour étouffer toute contestation populaire et maintenir l’ordre autoritaire.
Pour cette 98e semaine, la grève de la faim se déroule dans une cinquantaine d’établissements pénitentiaires majeurs à travers l’Iran, notamment ceux d’Evine, Qezel Hesar, Karaj, Téhéran, Qarchak, Ahwaz, Chiraz, Mashhad, Tabriz, et bien d’autres, rassemblant une diversité de prisonniers décidés à faire entendre leur voix face à la répression mortifère.
Cette campagne emblématique rappelle ainsi, chaque semaine, l’urgence absolue de mettre fin à ces exécutions massives qui dévastent des familles et terrorisent la société iranienne. Elle appelle toutes les personnes éprises de justice à soutenir cette lutte essentielle pour la sauvegarde des droits humains et le respect de la vie.
