Six mois s’étant écoulés depuis l’escalade vertigineuse des manifestations nationales en Iran, débutée le 8 janvier 2026, l’absence flagrante de répercussions judiciaires à l’échelle internationale laisse craindre une répétition de crimes de masse. Les forces de sécurité iraniennes ont alors procédé à des massacres contre des milliers de manifestants et de civils, faisant basculer le bilan dans les milliers de morts, selon les rapports d’organisations de défense des droits humains.
Cette répression meurtrière, qualifiée par Amnesty International de crimes de masse à une échelle sans précédent, s’est déroulée alors que l’accès à Internet et aux télécommunications était intégralement coupé depuis le 8 janvier pour dissimuler les exactions. Le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien a officiellement reconnu 3 117 décès le 21 janvier 2026, bien que des ONG comme HRANA et Iran Human Rights estiment le bilan entre 3 500 et 6 000 morts, et que certaines sources d’opposition ou des rapports médicaux indépendants évoquent des chiffres allant jusqu’à 18 000 ou même 36 000 victimes.
Parmi les victimes, une concentration particulièrement tragique concerne les mineurs : un rapport du quotidien étatique Etemad a reconnu la mort de 220 enfants, majoritairement des adolescents de 16 à 18 ans, dans les provinces de Téhéran, d’Ispahan et du Khorassan-e Razavi. Des dizaines de milliers de personnes, y compris des adolescents, ont été interpellées de manière arbitraire, et des sources signalent que les détenus subissent des passages à tabac, des violences sexuelles, des menaces d’exécution et des privations de soins.
Face à ces atrocités, les autorités iraniennes ont intensifié la répression sous couvert de sécurité nationale, avec des exécutions à une échelle inédite depuis la fin des années 1980, dont plus de 2 000 en 2025 avant le soulèvement. Le 5 janvier 2026, le responsable du pouvoir judiciaire avait déjà ordonné aux procureurs d’accélérer les procès des manifestants sans aucune indulgence, laissant craindre des procès expéditifs et des exécutions arbitraires pour dissuader l’opposition.
