En Iran, Zahra Tabari, une prisonnière politique détenue à Racht, a de nouveau été condamnée à mort en mai 2026, cette fois par la deuxième chambre du tribunal révolutionnaire. Âgée de 68 ans, cette ingénieure est accusée de « baghy », un chef d’inculpation lié à une prétendue rébellion armée contre l’État, en raison de liens supposés avec l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI).
Cette nouvelle sentence intervient après un premier verdict prononcé en novembre 2025 par la première chambre du tribunal révolutionnaire de Racht. À l’époque, l’audience avait duré moins de dix minutes et s’était tenue par visioconférence, sans l’avocat de son choix. Face aux critiques internationales et aux protestations suscitées par cette décision, la Cour suprême iranienne avait renvoyé l’affaire devant une autre formation du même tribunal pour un réexamen. Le 14 avril 2026, la justice a finalement confirmé la peine capitale, et la décision a été officiellement communiquée cette semaine.
Zahra Tabari, aussi connue sous le nom de Zahra Shahbaz Tabari, est ingénieure électricienne et détient un master en énergie durable obtenu à l’université de Borås, en Suède. Son arrestation remonte à avril 2025, lorsque les forces de sécurité ont fait irruption à son domicile de Racht pour l’interpeller.
Son dossier s’inscrit dans une série de poursuites déjà engagées contre elle. Elle avait été arrêtée en juin 2022 puis condamnée à 18 mois de prison. La confirmation de cette nouvelle condamnation à mort alimente les inquiétudes sur le sort des prisonniers politiques en Iran, en particulier dans les affaires liées, même de façon présumée, à l’OMPI.
La commission des femmes du Conseil national de la résistance iranienne appelle l’Union européenne et les États membres à agir sans délai. Elle demande des mesures urgentes pour protéger les prisonnières politiques menacées d’exécution et empêcher la mise à mort de celles qui, comme Zahra Tabari, se trouvent actuellement dans le couloir de la mort.
Le terme « baghy » désigne, dans le système pénal iranien, la rébellion armée contre l’ordre établi ou le pouvoir clérical. Dans la pratique, cette accusation est fréquemment utilisée contre les opposants politiques, en particulier ceux soupçonnés de sympathies ou de liens avec l’OMPI, afin de justifier des condamnations à mort.
Les procès fondés sur ce chef d’inculpation sont généralement instruits devant les tribunaux révolutionnaires, des juridictions arbitraires régulièrement critiquées pour le non-respect des garanties d’un procès équitable. Les accusés y sont souvent privés d’un avocat indépendant, tandis que les verdicts reposent fréquemment sur des aveux extorqués ou sur des rapports des services de sécurité, sans preuves matérielles solides.
