Marjane Satrapi, figure de la liberté, laisse derrière elle un combat artistique contre les atteintes aux droits humains en Iran

Marjane Satrapi, auteure et réalisatrice franco-iranienne reconnue dans le monde entier, est décédée à Paris à l’âge de 56 ans. Elle a incarné l’une des voix artistiques les plus marquantes de la contestation contre la répression en Iran, suscitant de nombreux hommages de la part des institutions françaises.

Son œuvre la plus célèbre, Persepolis, lui a donné une notoriété internationale. Cette bande dessinée revient sur son enfance en Iran, sur la violence du régime à l’égard de la société iranienne et sur l’exil qui l’a conduite en Europe. Publiée en plusieurs volumes au début des années 2000, elle a rencontré un succès mondial.

L’adaptation en film d’animation a reçu le prix du Jury à Cannes en 2007, une distinction qu’elle avait dédiée aux Iraniens. Par la suite, Satrapi a continué de soutenir les femmes, la jeunesse et les défenseurs de la liberté, tout en critiquant sans relâche les autorités iraniennes. Installée en France depuis 1994, elle a régulièrement dénoncé la répression exercée par le pouvoir de Téhéran.

En janvier 2025, elle a posé un geste politique fort en refusant la Légion d’honneur, la plus haute distinction civile française, pour protester contre ce qu’elle considérait comme une position incohérente de la diplomatie française vis-à-vis de l’Iran. Elle avait alors dénoncé le contraste entre la facilité de circulation des proches des dirigeants iraniens à Paris et les difficultés rencontrées par de nombreux jeunes Iraniens et militants en quête de visas.

Dans le deuxième tome de Persepolis, elle revenait aussi sur le massacre des prisonniers politiques de 1988. Elle y rapportait le récit des exécutions ordonnées sous Khomeiny, lorsque les détenus auraient été sommés de renier leurs convictions ou de mourir, et rappelait que des dizaines de milliers de personnes avaient été tuées lors de cette purge.

À la suite de sa disparition, la commission des Femmes du Conseil national de la résistance iranienne a présenté ses condoléances, saluant une artiste qui avait fait de son œuvre un acte de résistance et un symbole d’honneur en refusant la Légion d’honneur. Son héritage reste associé à la mémoire des écrivains et artistes iraniens opposés aux dictatures successives, du chah aux mollahs.

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