Les manifestations qui ont secoué l’Iran se sont accompagnées, selon plusieurs organisations de défense des droits humains, d’une répression d’une rare brutalité et d’une volonté apparente de faire disparaître jusqu’au souvenir des victimes. Dans un contexte de coupures de communication et de bilan humain contesté, les autorités auraient cherché à minimiser l’ampleur des morts tout en imposant un contrôle strict de l’information.
Depuis le début du mouvement, les chiffres avancés divergent fortement. Les autorités ont présenté un décompte officiel limité, en mettant en avant une large part de victimes classées parmi les forces de sécurité ou les personnes présentées comme étrangères aux manifestations. À l’inverse, des sources indépendantes et des organisations de défense des droits humains évoquent des bilans nettement plus lourds, allant de plusieurs milliers à des dizaines de milliers de morts, sans qu’une vérification complète soit possible en raison des perturbations des communications.
Les témoignages recueillis décrivent un usage de la force particulièrement meurtrier : tirs à balles réelles dirigés vers des zones vitales, opérations de maintien de l’ordre menées avec des armes lourdes, arrestations massives et violences visant aussi bien les manifestants que les personnes soupçonnées de leur apporter un soutien. Des mineurs figureraient également parmi les victimes.
Au-delà des morts, la répression a pris plusieurs autres formes. Des milliers de personnes auraient été arrêtées, détenues arbitrairement, interrogées ou poursuivies pour avoir exercé leurs droits fondamentaux. Des pressions auraient aussi été exercées sur le personnel médical, tandis que des saisies de biens, des procédures judiciaires expéditives et des restrictions d’accès à Internet ont renforcé l’emprise des autorités sur le terrain et sur le récit des événements.
Pour les organisations de défense des droits humains, l’ensemble de ces éléments dessine un schéma cohérent de violence d’État : une répression organisée, soutenue par un discours officiel qui réduit l’ampleur des morts, brouille les responsabilités et cherche à effacer les traces des victimes. Dans cette lecture, il ne s’agit pas seulement d’une répression politique, mais d’une série d’atteintes graves susceptibles de relever du droit international.
